C'est la grande question, qui vient juste après l'autre grande question "Pourquoi indiquer des fourchettes de salaires sur une annonce ?"

Et bonne nouvelle, on peut y répondre facilement !
Par contre, gardez à l'esprit qu'il y a toujours des cas particuliers, on vous propose juste un guide, des grandes lignes.
N'hésitez pas à faire un vrai benchmark.

Si vous lisez cet article du Helpdesk c'est sûrement que vous découvrez notre marché. Il est d'usage de parler de rémunérations brutes annuelles.

Les juniors !
Ce sont ceux qui accèdent au marché de l'emploi.
En région, les juniors sont le plus souvent rémunérés entre 25 et 32K.
À Paris, les plus employables pourront aller chercher jusqu'à 36 ou 38K.

Pourquoi un tel écart ? Parce que tous les juniors n'ont pas la même employabilité. Certains devront faire 500 candidatures et 100 entretiens pour faire un stage. D'autres pourront sans soucis être reçu pour une vingtaine d'entretiens sur 15 jours.
Cet écart d'employabilité est lié à une réalité de l'informatique : les projets informatiques sont souvent un échec. 7 projets sur 10 n'ont pas créé de valeur, c'est la statistique qui hante notre industrie depuis 50 ans et qui a été vérifiée plusieurs fois. S'ils ne créent pas de valeur, c'est le plus souvent parce qu'ils sont très déconnectés de leurs utilisateurs. Mais aussi dans de rare cas, parce qu'on n’arrive pas à les mener à bout techniquement.
Et c'est pour cela que les entreprises ne font pas confiance facilement aux juniors. Ça et parce que c'est difficile de vérifier leur travail tous les jours. C'est au bout de quelques mois qu'on se rend compte que ça ne marche pas du tout ou qu'on demande à un expérimenté de regarder le code et que l'on peut mesurer le taux de WTF/minute.

Et comme on ne sait pas trop évaluer un candidat à l'embauche, le plus souvent on voit s'il a les bons codes, un beau diplôme et on serre les dents.

Certaines entreprises proposent des stages PFEs rémunérés à 1200€ par mois. C'est un vestige d'une époque où une affreuse pratique marché consistait à faire enchaîner 3-4 stages de 6 mois à un ingénieur avant de lui proposer un CDI. Mais maintenant c'est interdit.
Les étudiants sont toujours sensibles à ce détail, 700€ ou 1200€ ça change quand beaucoup de choses au quotidien. Certains se passent le mot et ils vont candidater directement chez les employeurs qui ont la réputation de mieux rémunérer.

Les Mediors / Intermédiaires

Ils ont déjà accédé au marché de l'emploi. En fait à quel moment on devient Sénior ? A priori, quand on a vu assez "le feu". Les soldats qui ont débarqué en Normandie sont devenus séniors vachement plus vite que les autres. Si on reste plusieurs années derrière les lignes, sans sortir de sa zone de confort, on peut rester Medior/Junior des dizaines d'années. Bref, parfois c'est 5 ans, parfois c'est 10, souvent c'est 8. Tout le monde sera d'accord pour dire que vous êtes sénior si vous touchez plus de 50K€.

Bref, les médiors sont payés entre 38 et 45K, voir 50.

Les Séniors

Les séniors sont payés entre 50 et 100K.

Alors il faut voir que même si leurs prétentions salariales augmentent, l'équilibre du marché n'est pas en leur faveur. Pourquoi ?
Parce qu'on propose rarement des postes techniques aux séniors et du coup ils ont moins d'opportunités de carrière ou ils doivent se diriger vers de la MOA, de la gestion de production (RA, Lead), ou du Management.

Qu'est-ce qui justifie d'être en haut de la fourchette ?

On paye un ingénieur, ou n'importe quel salarié, une rémunération qui est plafonnée par la valeur qu'il apporte à la société. Dans une société de services, on a le chiffre d’affaires du consultant, les coûts de structures et ça donne une réponse assez claire.

Mais chez un client final, dans une assurance par exemple, c'est beaucoup moins direct. Alors en fonction du rôle de l'informatique dans votre société, vous allez décider autrement. Si dans votre société l'informatique c'est un centre de coût, optimisé, qui n'innove pas du tout et n'est pas stratégique. Vous aurez une stratégie pour rester en bas des fourchettes de salaire et limiter le turnover. Si vous considérez que les développeurs sont stratégiques, qu'ils sont les artisans de la digitalisation de votre business et qu'ils vont vous permettre de créer les produits et les services qui porteront votre chiffre d’affaires demain, alors vous pouvez les payer une fortune.

Bon après il y a les budgets.

Une autre façon de répondre à la question c'est d'évaluer comment le collaborateur impacte le projet. S'il réduit les risques d'échec du projet par une expertise clé, c'est sûrement important de le rémunérer en haut de la fourchette. S'il connaît particulièrement bien votre secteur ou votre métier, il va comprendre plus vite comment créer de la valeur et ça sera très rentable. Enfin si la personne a des compétences de communication, des softs-skills qui promettent un bon futur pour le projet, c'est une raison de mieux la rémunérer.

On a tout dit ? Sinon faut qu'on en parle dans le support.

Les freelances

En dessous de 400€ par jour, le prestataire est sûrement sur un complément d'activité. Ou alors il a pas confiance en lui.
Cet effet de seuil est lié aux statuts (une SARL ça coûte des sous), et à la nature de notre activité (on a du travail commercial pour trouver un projet ou un client).
De 500 à 800€ c'est normal en fonction de la rareté de l'expertise.
Une journée d'expertise, un audit ou autre peut aller chercher 1000€ la journée.
Il faut considérer la longueur de la mission. Une mission de 2 jours ne peut pas négocier les mêmes taux journaliers qu'une mission de 24 mois.
Et beaucoup de gens parlent de TJM (Taux Journalier Moyen), mais cela n'a pas beaucoup de sens pour un individu vu qu'il pratique le même taux journalier tous les jours.

Là on a tout dit ? Sinon faut qu'on en parle dans le support.
Cet article a-t-il répondu à vos questions ?
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